J'ai l'impression... d'être dans un trou énormement
profond,
trop profond. Et à chaque fois que je m'accroche à quelque chose, que je commence à me stabiliser, il finit par lacher et je retombe plus
bas, toujours
plus bas, toujours plus
vite. Je doit peser chacun de mes mots pour ne pas blesser mon entourage, ... ou
moi. Je le sais
... mais pourtant maintenan je suis
tétanisée,
effrayée. Mon coeur s'emballe à la moindre vibration de mon
portable, je panique dès que je n'ai plus
rien à faire. Mes devoirs sont fais pour toute la semaine, mes fiches de leçons sont prêtes pour toute mes interos, de toute façon le lycée c'est l'une des seules choses que je peux prévoir. Je voudrais me cacher contre
toi et ne resortir qu'une fois le
danger passé. Parce que oui, je l'avais prévu, ça va me tomber sur la tête, je ne sais pas exactement quand, mais c'est tout
proche. Dès que je n'ai plus
rien dans les mains, que tu
t'endors, que la lumière
s'éteint, que j'
arrête de bouger; ces images apparaissent, des
visages striés de larmes, des
visages pleins de reproche, des
visages qui me regardent. Alors,
je m'applique,
je fais ce que
je peux,
je fais à manger,
je fais mes devoirs,
je suis calme,
je ne pleurs pas,
je ne parle pas,
je range la maison,
je fais la vaisselle. Mais ça ne suffit pas: les
visages striés de larmes et pleins de reproche me regardent toujours. On me demande
plus, on me demande d'enlever mon
bouclier, mon fin
bouclier, celui qui essaille tant bien que mal de me
protèger, parce qu'il est encore
faible, il n'est pas habitué à toutes ces
attaques, il était habitué à des choses plus
simples, des
attaques sans grandes importances. Mais il a
peur lui aussi, parce que ce n'est que le début, y aura-t-il d'autres attaques, des plus
fortes s'entend ? Dans tous ça je me demande si le pire existe vraiment, parce que si il existe vraiment,
c'est quoi le pire ? Attendre la peur au ventre seule à la maison ou se
cacher dans un coin pour éviter ces regards pleins de reproche ? Si on fais attention,
je crois... c'est bête...
mais ... Je crois que je m'en sens ... COUPABLE.
Je suis accrochée à une corde, j'ai les mains en sang, la corde est en train de se casser.
Je ne veux voir personne à part toi...
Je ne veux parler qu'à toi...
Je veux juste être dans tes bras...
Je ne veux être aimée que par toi...
Je ne veux aimer personne à part toi...
Tu es parti avec l'amour que tu me portais, j'ai fais sans et maintenan tu veux m'aimer à nouveau ?
Maintenan j'arrive à comprendre les jeunes qui disent que leurs pères leur tape la honte...